Manifeste END STAGE ART
- AVAK group theatre
- Mar 24, 2025
- 3 min read
Updated: Mar 25, 2025
L’Art en phase terminale - END STAGE -
[Projet final et possibilité limitée d’une solitude vigilante]

La phase terminale n’a pas de nom et, par nécessité, elle est innommable ; elle est simplement appelée « phase terminale » ou end-stage.
Pour un patient en phase end-stage, il n’y a plus d’espoir de guérison, sauf l’intervention d’un miracle qui viendrait bouleverser la situation.
Le monde est arrivé à cette phase terminale, à l’END-STAGE. Il ne s’agit pas ici d’une période où, face à une insécurité généralisée et omniprésente, la démocratie, la liberté, l’égalité et toutes les connaissances humaines reculeraient ou seraient mises entre parenthèses. Non, tous ces concepts et acquis ont pris fin, ensemble et simultanément. Cette fin ne concerne pas leur sujet, mais leur méthode, leur stratégie, leur détermination et leur rôle d’indicateurs. La démocratie, la transparence, le gouvernement du peuple et le droit de renverser un régime sont devenus des souvenirs nostalgiques relégués aux lignes de l’histoire. Dans cette phase, le droit naturel des peuples se réduit à écrire un nom sur une feuille où tout a déjà été arrangé pour une sélection prédéterminée. Les gens ne choisissent pas ; dans cette phase, ils annoncent leur acceptation. Cette annonce d’acceptation des élus est le coup de grâce porté à la démocratie.
[Et avant cela, que se passait-il dans la démocratie ? Dans le processus complexe de la propagande, du boycott, de la diffamation et de la destruction, que se passait-il ? La démocratie a toujours été ainsi, et ces mécanismes étaient les secrets des gouvernements. En phase terminale, il n’y a plus de place pour les secrets. On annonce directement au patient et à ses proches que tout est fini. Personne ne peut rien y faire. Soit il se soumet à une dégradation rapide, soit il met fin à la torture par l’euthanasie, soit il attend patiemment et douloureusement un miracle.]
L’égalité est finie. Le sujet de l’égalité reste bien sûr matière à discussion, comme le sont les mammouths ou les sirènes, mais elle a perdu toute existence réelle, sauf à surgir par un miracle ou dans l’imaginaire. Dans l’étau de la peur et de l’insécurité, l’égalité n’a plus de place pour se manifester. L’égalité implique l’autre, la croyance en l’autre. Hormis une solitude sécurisée, il ne reste aucun moyen pour l’humanité de survivre à ce chaos. Mais cette solitude sécurisée est une possibilité limitée et étroite dans cet univers assourdissant. Ainsi, supposer l’existence des autres dans l’environnement humain, si ce n’est une hypothèse impossible, devient une hypothèse absurde.
[On ne peut pas entourer le lit d’un patient en phase terminale d’une foule d’invités. Le patient end-stage est seul. Il est suspendu entre la mort et le miracle, et dans cet entre-deux, où est la place de l’autre ?]
Dans cette possibilité limitée d’une solitude sécurisée et vigilante, la liberté revient pourtant : la liberté de désirer la mort ou d’attendre un miracle.
Ceci n’est pas un appel, c’est une nécessité :
À quoi sert l’art en end-stage ?
Le théâtre, le cinéma, la poésie, la photographie, la peinture, la sculpture, la musique, l’art performatif en end-stage, quelle est leur existence ? Comment doivent-ils être ?
L’œuvre doit révéler l’état de l’end-stage. [Conscience de l’end-stage]
L’œuvre doit inviter les autres à la mort. [Accepter la mort, conscience de la mort]
L’œuvre doit faire attendre aux autres un miracle comme dernier espoir. [Attente du miracle]
L’art en phase terminale est un art d’agonie ; comme un humain à l’agonie, il passe en revue tout son passé. En se remémorant, l’agonisant s’évalue lui-même. Les ruptures et les continuités lui reviennent en mémoire, tout comme ses âges d’or et ses périodes sombres. Dans ses dernières heures et minutes, l’espoir brille à ses yeux. Être au bord de la mort devient toute sa vie. Tout devient vie.
L’art en phase terminale (end stage art) fonctionne de la même manière. Il revisite la raison de son émergence, ce qui lui est arrivé, ce qu’il a traversé, et il expose au public son dernier éclat lumineux : la vitalité de la vie et la puissance bouleversante de la mort.


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